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Les intégristes de la laïcité

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Un savant musulman nous explique que dans les hadiths nous trouvons ceci :

« Interrogé sur la différence qu’il y a entre un homme et une femme, le prophète Mohamed (SAS) répond : "Il n’y rien de plus pour l’homme ni de moins pour la femme. L’homme et la femme sont égaux" (Hadith). Si le Coran autorise un musulman d’épouser une non-musulmane, pourquoi une musulmane ne pourrait-elle pas épouser un non-musulman ? »

Ce n’est pas ce que pensaient les pères de la laïcité à la française : en 1905, l’égalité des hommes et des femmes n’étaient absolument pas à l’ordre du jour. Et même en 1918, on demanda aux femmes de retourner dans leurs foyers bien qu’elles aient soutenu avec efficacité l’effort de guerre. Les suffragettes étaient l’objet de moqueries et autres quolibets qui n’ont rien à envier à ceux dont souffrent aujourd’hui les femmes musulmanes ne portant pas le voile.

Quand on m’explique que mixité rime avec laïcité, je ris. Et les francs-maçons sont mal placés pour dire le contraire.

On comprend ainsi mieux pourquoi les alsaciens et mosellans s’accrochent au concordat napoléonien de 1801 comme à une bouée de sauvetage.

 
"La IIIème République était-elle une république ?"

 

 
 
 

Written by j.michel

06/08/2012 at 11:33

Pénalisation du blasphème

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Une illustration de ce que je racontais dans un article précédent :

« Pour comprendre la laïcité à la française, faut être souchien. Même les alsaciens ne peuvent ou ne veulent pas comprendre, eux qui sont attachés au concordat bonapartiste comme à la prunelle de leurs yeux. »

Car chez les Alsaciens, faut pas blasphémer. C’est expliqué dans une réponse ministérielle disponible à cette adresse :
"Dispositions pénales du droit local concernant le blasphème"

 
Une information trouvée sur le blog d’Agate Lasauce dont j’avais précédemment parlé, dans un nouvel article sur le statut actuel du blasphème en Europe dont je conseille la lecture.

 
Autres articles sur le droit local en cliquant ici.

 
 
 

Written by j.michel

01/05/2011 at 17:10

L’État de droit est-il bon pour les non-blancs, ou la démocratie est-elle bonne pour l’Afrique ?

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(…)

Pour comprendre la laïcité à la française, faut être souchien. Même les alsaciens ne peuvent ou ne veulent pas comprendre, eux qui sont attachés au concordat bonapartiste comme à la prunelle de leurs yeux.

D’ailleurs même les souchiens ne connaissent pas dans leur majorité l’histoire de la laïcité en France, ce qui permet à un Ramadan de réécrire cette histoire à sa sauce sans être sérieusement contredit même par un Eric Zemmour. Quand j’entends les souchiens nous expliquer que laïcité et mixité sont intimement liées, je m’esclaffe : pour s’en rendre compte, il suffit de compter le nombre de femme (un singulier qui n’est pas une faute de frappe) présente aux tenues du Grand Orient par exemple, ou d’autres obédiences de la franc-maçonnerie, dans ces temples de la laïcité. Il y a plus de femmes rue Mirha le vendredi après-midi, quoique, j’en suis pas sûr.

 
Mais pour en revenir à mon exposé, je constata donc qu’un étranger connaissant pourtant me semble-t-il la culture musulmane avait quelques difficultés à interpréter une décision de relaxe d’une dame qui réservait ses beautés à son propriétaire (légitime ou naturel, je ne sais). Je ne reviendrai pas sur cette affaire qui est décrite ici, mais à cette occasion j’ai fait une trouvaille dont je suis fier et que je cite donc en la dédicaçant aux courtisans de notre Horteflammes :

« dans un Etat de droit, ce n’est pas le ministre de l’intérieur qui juge »

en remarquant qu’il aurait apprécié d’être également Hortejuges pour mettre les juges au pas, mais que Sarkozy trouva que c’était inutilement provocateur et l’a maintenu, du fait de son expérience, à son poste de chef de fonctionnaires parfois poursuivis pour différents faits, ayant en effet lui-même cette expérience et ayant même été condamné (provisoirement en attente de la décision d’appel). Dans ces corps de fonctionnaires d’autorité, l’exemple du chef est importante.

 
Revenons au titre de l’article, l’État de droit ne doit pas être confondu avec la démocratie : une démocratie sans État de droit, c’est la soumission de la minorité à la majorité, mais ça reste une démocratie puisque le pouvoir est donné à ceux qui sont majoritaires. Inversement un État de droit peut exister dans une dictature. Mais il est vrai que démocratie et État de droit s’accouplent bien, comme dictature et État policier.

C’est ce qu’on peut constater en Afrique, de l’Egypte à l’ex-Rhodésie. On pourrait dire que c’est la démocratie puisque les majoritaires imposent leur loi aux minoritaires, comme en France l’UMP impose la loi Sarkozy à tous les français. Donc si la majorité vote la mise en vigueur de la charia, c’est la démocratie et elle s’impose à tous.

Le problème c’est quand la loi n’est pas respectée : en Égypte ou en Algérie par exemple (deux pays si semblables dont je n’ai jamais compris l’inimitié réciproque), il n’est pas interdit par la loi d’être chrétien même s’il s’agit de république islamique. Mais en pratique c’est, disons, difficile. Un chrétien qui est condamné parce qu’il mange un jour de ramadan alors qu’aucun texte ne l’interdise, voilà le signe d’un État policier.

Donc l’État de droit, comme la démocratie, sont-ils exportables en Afrique ? C’est bien là toute la question, parce que constatons toujours : dans les pays où le chef de l’État obtient aux élections des scores que seul Chirac a pu obtenir une fois grâce à sa popularité immense, mais avec de tels bourrages d’urnes qu’on ne peut plus parler de démocratie, calme et sécurité règnent avec le soutien des pays "occidentaux".

Par contre des élections aux normes plus démocratiques avec des résultats proches de 50-50, c’est la guerre civile qui se profile à l’horizon, et les pays "occidentaux" qui attisent les conflits et stimulent l’insécurité.

 
A croire qu’un bon conseil à donner aux dirigeants africains, s’il veulent le soutien de l’occident, et qu’ils n’appartiennent pas à une dynastie qui se transmet le pouvoir de père en fils, de truquez suffisamment les élections pour avoir plus de 80% des électeurs avec eux. Sinon, avec 51% des voies, vous aurez beaucoup d’ennuis pour vous imposer face à la communauté internationale dirigée depuis les anciennes métropoles.

Et on est me semble-t-il en droit de se demander ce que préfèrent les africains : la démocratie ou la sécurité ? Et ce n’est certainement pas à moi, petit blanc, de répondre à cette question.

C’était la séquence "marions les" : madame dictature avec monsieur sécurité et madame démocratie avec monsieur insécurité, et ma petite participation au débat sur la Côte d’Ivoire.

 
 
 

Written by j.michel

18/12/2010 at 21:42